Les belles Héraïres ou courtisanes
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courtisane dans la grece antique

Quand la concubine était une Athénienne, comment la distinguait-on de la femme légitime, si ses enfants à elle aussi étaient considérés comme Athéniens ? Isée nous dit : « Ceux-là même qui donnent en concubinage des filles leur appartenant conviennent d'une somme qui sera versée à la concubine. » On peut concevoir que des Athéniens pauvres, incapables de doter leurs filles, leur aient fait contracter des unions de ce genre en exigeant seulement pour elles des avantages pécuniaires en cas de séparation. Au contraire, la femme légitime, elle, apportait ordinairement une dot à son mari.
Les courtisanes (hétai'rai), quand à elles, étaient principalement des esclaves. Elles se contentaient souvent d'une modeste rétribution d'une obole, alors que d'autres, les hétaïres de haut vol, coûtaient très cher à leurs amants. A l'époque hellénistique, des courtisanes réussirent même à se faire épouser par des princes et à devenir reines. Mais, dès le IVe siècle, la célèbre Phryné. Béotienne de Thespies, devint fort riche. Elle s'appelait en réalité Mnésarété, ce qui signifie « celle qui se souvient de la vertu Son surnom de Phryné lui était venu de son teint jaunâtre (phryné veut dire crapaud) qui ne l'empêchait pas d'être fort belle. Maîtresse de Praxitèle, elle lui servit de modèle, dit-on, pour plusieurs statues d'Aphrodite.
Il y avait à Athènes, au quartier du Céramique, mais surtout au Pirée, depuis l'époque de Solon, des maisons de prostitution ; une partie du profit des tenancières avait servi à édifier le temple d'Aphrodite Pandémos.
Ces courtisanes, libres ou cloîtrées, étaient-elles vraiment comme on le prétend, des femmes plus instruites et cultivées que les Athéniennes honnêtes? Cela reste douteux. De Phryné, on nous dit qu'elle était belle, mais non pas qu'elle était intelligente et cultivée comme Aspasie. C'est par leurs attentions et leurs complaisances que les hétaïres retenaient leurs amants. Comme le dit un poète comique :
Une maîtresse n'est-elle pas toujours plus aimable qu'une épouse ? Assurément, et il y a une bonne raison à cela. Si déplaisante que soit l'épouse, la loi vous oblige à la garder chez vous. La maîtresse, au contraire, sait qu'on ne s'attache un amant qu'à force de soins.
Il reste probable, cependant, que beaucoup de courtisanes avaient reçu une éducation plus libre et plus large que les bourgeoises d'Athènes, notamment en ce qui concerne la musi­que, le chant et la danse ; nombre de courtisanes venaient jouer du hautbois (aulos), chan­ter et danser dans les banquets.

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