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Dans l'Egypte antique

La vie de ouvriers

Je les ai payés en bière et en pain et leur ai fait jurer qu'ils étaient satisfaits. C'est ainsi que le prêtre et juge Kai parlait des ouvriers qui bâtirent son tombeau et participèrent peut-être à la construction des pyramides. Entre 20 000 et 30 000 ouvriers travaillaient en permanence à Gizeh. Ils extrayaient d'énormes blocs de calcaire qu'ils hissaient sur des traîneaux de bois le long de rampes inclinées.
ouvriers construisent des pyramides
Les ouvriers pouvaient manifestement bénéficier de bons services médicaux. Ainsi, un ouvrier qui s'était gravement blessé au bras a été amputé au-dessous du coude et l'opération a été aussi bien faite et a aussi bien réussi qu'une amputation semblable pratiquée sur la jambe d'un dignitaire. Les deux hommes se sont rétablis et ont vécu de longues années après leur accident. Il est évident que quelqu'un prenait soin de ces ouvriers. force de passer leur temps à manipuler d'énormes pierres en tous sens, il était inévitable qu'ils aient un jour ou l'autre un accident. Et il est réconfortant de voir que leurs contremaîtres le savaient et disposaient d'une clinique à leur intention. Malgré ces soins, les ouvriers ne vivaient pas longtemps. Un homme avait une espérance de vie de 40 à 45 ans, et une femme de 30 à 35 ans. Si les femmes vivaient moins longtemps, c'était sûrement à cause d'accouchements diffi-ciles mais, de toute façon, très peu d'individus atteignaient un âge avancé, selon nos normes actuelles. Pourtant, c'était leur souhait le plus ardent. Ils adoraient la vie, affirment les égyptologues, et la sophistication de leur art funéraire n'avait qu'un seul but : faire en sorte que la vie ne s'arrête jamais.

L'espérance de vie d'un ouvrier

Travail à la chaîne

construction des pyramides-esclaves
Ceux qui ont édifié la Grande Pyramide n'étaient pas des captifs asservis. Il s'agissait d'ouvriers payés et soignés. La preuve, ceux qui sont morts pendant la construction ont bénéficié de sépultures, à l'instar des hommes libres. Leurs tombes ont été retrouvées en 2010. Il faut aussi oublier le chiffre, donné par Hérodote, de 100 000 ouvriers. Aujourd'hui, les égyptologues avancent des effectifs moins... pharaoniques. Ils estiment qu'il ne pouvait pas y avoir plus de 30000 personnes sur le site. Le chantier employait des travailleurs permanents: carriers, tailleurs de pierre, charpentiers, forgerons, cordiers. Il recourait aussi temporairement à des manoeuvres, semble-t-il des paysans, chargés de hisser les blocs. Ceux-ci étaient recrutés en août, au moment de la crue annuelle du fleuve. Ils étaient les plus nombreux. La construction du complexe funéraire se poursuivait néanmoins toute l'année, avec un personnel plus restreint.
À côté de cette main-d'oeuvre, des spécialistes supervisaient et dirigeaient les travaux. Le maître d'oeuvre était avant tout un gestionnaire. Il devait régler la mise en place des équipes, assurer leur approvisionnement et veiller à la livraison régulière des matériaux. Les paysans réquisitionnés deux à trois mois vivaient dans de petites maisons d'une dizaine de pièces. Il est vraisemblable que ces hommes ne recevaient aucun salaire mais que leur nourriture était fournie par l'administration royale qui "dédommageait" ainsi le propriétaire du domaine auquel ils avaient été momentanément soustraits. Les ouvriers sont répartis en groupes de 2 000 hommes, divisés en deux équipes, elles-mêmes comptant cinq zaa (brigades) de 200 hommes. Il faut ajouter du personnel pour nourrir tout ce petit monde et une armée de scribes pour gérer le chantier... pendant vingt-trois ans. Il a calculé que 340 blocs étaient mis en place chaque jour, soit un toutes les trois minutes ! Sur la base d'une journée de travail de dix heures.
Quoi qu'il en soit, l'efficacité du travail pharaonique était en partie fondée sur l'émulation entre les équipes, puis les zea, si l'on en juge par les inscriptions retrouvées sur le temple de la pyramide de Mykérinos, dont la construction est postérieure à celle de Khéops. Les deux équipes concurrentes s'y étaient autoproclamées « les amis de Mykérinos » et « les saoulards de Mykérinos ». Quant aux zaa, elles portaient des noms comme « la grande », « la verte », « la petite », « la dernière », etc. On les imagine bien rythmant leurs efforts par quelque mélopée du genre de celle des piroguiers de l'Ogoué...
Conges payés pour les ouvriers
Dix semaines de congés par an, c'est ce à quoi peuvent prétendre les ouvriers chargés de creuser les tombes de la Vallée des Rois, un régime privilégié sous la tutelle de l'État I Ces artisans au savoir-faire reconnu, vivant dans le village de Deir el-Medina, touchent un confortable salaire : 300 litres de blé par mois (de quoi préparer 5 kilos de pain tous les jours), de l'orge pour brasser leur propre bière, du poisson, des légumes, des fruits...
CDD et CDI
Les récits anciens, relayés par Hollywood, évoquent des esclaves maltraités. Mais les découvertes de villages et de cimetières permettent de penser qu'il s'agissait d'ouvriers, certains à temps partiel comme les paysans, d'autres à temps plein comme les tailleurs de pierre.
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