Rien n'épargnait les Pharaons...
rideau
maladie chez les pharaons

La dentition des Égyptiens était dans un état effroyable. L'examen paléopathologique des mâchoires de momies et des restes squelettiques a montré que les altérations dentaires relevaient de deux ordres de facteurs : l'attrition et la carie.
L'attrition ou, plus simplement, l'usure des surfaces triturantes des dents est quasi générale, frappant le pharaon comme le plus humble de ses sujets. Tous les Égyptiens ne grinçaient pas des dents et c'est chez le boulanger qu'il faut chercher la cause de cette usure inhabituelle.
On a recueilli, dans les tombes, des échantillons de pain de toutes les époques. Leur surface était parsemée de grains de blé entiers si bien que l'on crut d'abord que la mastication de leurs téguments fibreux était seule responsable de l'attrition dentaire ; mais un examen plus attentif de pain rompu mettait en évidence, sur la surface de coupe, des points qui réfléchissaient la lumière.
Une étude minéralogique révéla qu'a s'agissait, pour une part, de grains arrondis de sable et, pour une autre, de petits fragments anguleux de feldspath, de mica et de grès. On comprend dès lors parfaitement l'usure dentaire chez les anciens Egyptiens, mais on discerne moins bien les raisons de la présence de telles partiCules dans le pain.
Un chercheur anglais, Prag, avait lu dans Pline, que les Carthaginois écrasaient d'abord le pain avec un pilon, puis qu'ils ajoutaient une petite quantité de brique pilée, de craie et de sable avant de moudre le grain. Il essaya alors d'écraser du blé avec une ancienne meule à broyer et s'aperçut qu'au bout d'un quart d'heure de manipulation le grain restait presque intact. Par contre, en y associant un pour cent de sable, il obtenait rapidement une farine assez fine.
Les caries sont plus rares et relèvent d'une autre cause. Elliot Smith en a trouvé peu aux périodes prédynastiques mais, dès la IV' dynastie, elles frappent la classe aristocratique tout en épargnant le menu peuple.
Petit à petit, elles deviennent plus fréquentes et, à la décadence, elles gagnent toutes les couches de la population. Elles étaient manifestement liées aux habitudes alimentaires : une nourriture plus riche, plus abondante, plus variée et la consommation d'aliments cuits finit par les répandre dans les classes jusque-là épargnées.
L'attrition et la carie aboutissent aux mêmes conséquences : l'ouverture de la chambre pulpaire, puis son infection avec formation de kystes et d'abcès autour de la racine. On observe fréquemment chez les momies de grandes cavités dans les maxillaires dues à la résorption de l'os par infection du voisinage : celle-ci pouvait s'étendre jusqu'à réaliser une ostéite ou une ostéomyélite.
Complication extrême, l'infection se généralisait et la septicémie se déclarait : c'est peut-être ainsi que mourut Aménophis III dont la dentition était dans un état pitoyable.

Rien n'épargnait les pharaons : Ramsès V, déjà affecté par la variole, était porteur d'une grosse hernie inguinale qui était descendue dans les bourses et avait doublé le volume du scro-tumta majesté Siptah, qui succéda à Séthi II, était sûrement amondrie par une boiterie qui l'affectait depuis l'enfance : toute sa jambe droite était atrophiée et se terminait sur un pied-bot, séquelle évidente d'une poliomyélite.   

anecdote
accueil
Accueil
Le Pharaon