La tombe ... Cette demeure d'éternité ...
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funerailles egypte ancienne

Cette demeure d'éternité, le défunt l'a préparée depuis longtemps. De son vivant, il a souvent assisté aux travaux. Les rois, eux, s'y prennent dès leur avènement, engageant de vastes équipes d'artisans pour le creusement ou la décoration de leurs hypogées de la Vallée des Rois.
Dans la première salle de la tombe, le défunt s'est fait représenter dans les moments les plus caractéristiques de sa vie. Grand propriétaire, il chasse au boomerang sur ses terres, ou bien il pêche. Père de famille, le voici avec son épouse et ses enfants. Scribe, le voilà qui compte la rentrée de blé dans les greniers royaux. Dans la deuxième salle, il est en adoration devant les dieux, et la scène de son enterrement a été représentée de façon tristement prémonitoire.
Pièce maîtresse du mobilier funéraire, le cercueil a reçu tous les soins. Son aspect varie selon les époques et selon la con­dition du destinataire. Si ses moyens le lui permettent, il peut en multiplier le nombre, garantie supplémentaire de conservation de sa dépouille. La momie, couverte d'un masque au niveau du visage, a été placée dans une série de trois cercueils momiformes de bois stuqué et peint de couleurs châtoyantes. Le couvercle représente le défunt dans son linceul, les bras croisés dans la position d'Osiris. Le grand sarcophage, où ont été déposés les cercueils momiformes, est orné de représentations analogues des divinités funéraires. Toutefois, sur le côté gauche, ont été dessinés deux yeux qui symbolisent la possibilité offerte au mort de communiquer avec le monde extérieur.

Les rites qui suivent sont essentiels à la survie du mort dans l'au-delà. Déjà les prêtres ont placé devant la momie de quoi éviter au défunt de souffrir de la faim, et disposé à ses pieds d'étranges instruments : une herminette, un couteau en forme de plume d'autruche, une jambe de boeuf   factice, etc. Ces outils vont permettre au prêtre d'annuler les effets de l'embaumement et de remettre en état de marche les organes du mort. La momie verra à nouveau, ouvrira à nouveau la bouche, parlera et mangera. Bref, une momie vivante ! Cette succession de rites a un titre évocateur : l'ouverture de la bouche. Au cours de cette cérémonie, le prêtre semble plongé dans un sommeil extatique, comme parti à la rencontre de l'âme du défunt dans le monde des morts.
Pendant ce temps, les serviteurs ont commencé à descendre et à installer dans le caveau le sarcophage et tout le mobilier funéraire. Le cercueil momiforme est placé dans la cuve rectangulaire, taillée et sculptée; longtemps à l'avance. On dispose autour du mort ses cannes, ses armes et bien sûr des amulettes. Onn'est jamais assez prudent ! Et enfin on pose le lourd couvercle sur le sarcophage. Maintenant, les prêtres et leurs officiants se retirent. Un maçon mure l'entrée du caveau.
Après cette pénible et fatigante cérémonie, les assistants participent à un banquet funèbre, en communion avec le mort. Les serviteurs ont ap­porté des monceaux de victuailles (oies, canards, poissons, quartiers de boeuf, pains, légumes), destinées en partie au disparu. Ils ont eu, en effet, la sagesse et la délicatesse d'en réserver une large part aux invités. Avant de ripailler, les hôtes écoutent, en silence, les chants d'un harpiste, traditionnellement aveugle

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Le royaume des morts