Le rituel de l'embaumement ...
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embaumement

C'est dans la ouabet, la place pure, qu'est pratiqué le rituel de l'embaumement. Là officient le maître des cérémonies, le chef des embaumeurs, les prêtres lecteurs, qui récitent les formules appropriées à chaque étape de la momification, et tout un personnel de laveurs d'entrailles (paraschites) et de rouleurs de bandes (choachytes). On ne les aime guère car ils transportent avec eux une odeur de mort. Ils ont la mauvaise réputation de ceux qui vivent en marge de la société.
Il existe trois sortes d'embaumement, plus ou moins per-fectionnés, dont le choix dépend de la fortune du défunt. C'est la formule de luxe qui a été retenue par la famille de notre défunt. Voici que commencent les opérations. Avec un crochet métallique, un membre de l'équipe va chercher le cerveau qu'il retire par le nez. Puis le flanc gauche est incisé au moyen d'un silex ; les viscères, à l'exception du coeur et des reins, sont prélevés puis lavés séparément dans du vin de palme. Ils sont placés dans quatre vases spéciaux : les vases canopes, que l'on joindra au matériel funéraire. Un paraschite lave maintenant la cavité adbominale puis la remplit de myrrhe et d'aromates, oliban, résine, térébinthe ; une fois bourrée de natron sec, elle est enfin recousue. Le cadavre a maintenant l'aspect d'un squelette recouvert d'une peau tannée. Il faut le déshydrater : pendant soixante-dix jours environ, il va séjourner dans le natron sec qui en absorbera toute l'humidité.
Au terme de cette période, le corps est lavé ; on peut lui apporter les dernières finitions: les ongles sont maintenus par un fil de lin, le crâne et la cavité des yeux sont bourrés, et l'on coule sur l'incision du flanc gauche une plaque de métal. Enfin, dernière coquetterie, le corps est maquillé, parfumé. Le choachyte peut opérer l'enroulement des bandelettes qui atteignent parfois plus d'une centaine de mètres. Les doigts, les mains et les pieds sont entourés de bandes très fines, puis le corps reçoit un réseau de bandelettes plus larges. Toutes sont imprégnées de gomme arabique. Certaines portent le dessin de divinités. Pendant ce travail, on introduit aux endroits prescrits des amulettes qui seront des protections supplémentaires : oeil oudja, noeud d'Isis, pilier djed. Tous ces gestes sont scandés par la voix du prêtre lecteur, qui récite inlassablement les passages du rituel de l'embaumement.

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