Deux toilettes pour 3000 courtisans
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versailles sous Louis XIV

On assiste, sous Louis XIV, à une amélioration du système d'évacuation des eaux usagées : les fosses d'aisances furent peu à peu fermées à l'aide d'une maçonnerie ; elles devinrent par conséquent étanches, ce qui permettait d'éviter la pollution de la nappe phréatique. Une telle évolution est perceptible au Louvre, dans les bâtiments royaux parisiens, ainsi qu'à Versailles. C'est sous Louis XIV en effet que les quatre fosses souterraines du château furent maçonnées et reliées entre elles par un égout.
Si le roi disposait de ses lieux d'aisances personnels, il existait aussi des lieux à usage public telles les « latrines derrière l'encoignure du grand escalier » — l'escalier des Ambassadeurs — ou bien les « coulettes des pierres à uriner des galeries de la grande aile». Mais ne nous leurrons pas : si ces installations de propreté ont le mérite d'exister, elles ont leurs limites. Des limites quantitatives d'abord : en 1685, à Versailles, Louis XIV était le seul à disposer d'une salle de bains ; les autres habitants du château devaient se contenter de se laver à la cuvette. De même, outre les quatre fosses d'aisances, situées sous les appartements de la famille royale, il n'existait aucune autre installation sous les ailes nord et sud, là où les courtisans étaient logés. Les 3 000 personnes résidant à Versailles devaient donc se satisfaire des deux toilettes publiques qui y avaient été aménagées ! Il arrivait fréquemment que les courtisans déversent le contenu de leur pot de chambre par les fenêtres du château... Versailles était bien un palais sale : les excréments qui jonchaient le sol des cours et des jardins en faisaient une véritable infection.

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L'envers de la splendeur