La Morandière écrivait en 1764
rideau
jardins de Versailles sous Louis XIV

Le tableau qu'il trace de Versailles est celui d'une sentine. C'est, note-t-il, « le réceptacle de toutes les horreurs de l'humanité... Le parc, les jardins, le château même font soulever le coeur par leurs mauvaises odeurs. Les passages de communications, les cours, les bâtiments en ailes, les corridors sont remplis d'urines et de matières fécales ; au pied même de l'aile des ministres, un charcutier saigne et grille ses porcs tous les matins ; l'avenue de Saint-Cloud est couverte d'eaux croupissantes et de chats morts ».
Il faut en passer et non des moins typiques. Jusqu'à la porte même de la chambre du roi montait l'infection ; là, derrière un paravent, un gros suisse vivait, cuisinait son déjeuner, mangeait, dormait et... digérait.
On défendait, il est vrai, de fumer dans la Grande Galerie, mais on y rencontrait des bestiaux ! Oui, les princes et princesses de la famille royale — « et quelques autres aussi, par grâce » — avaient le droit de faire venir jusqu'à leurs appartements des vaches, chèvres et ânesses, afin de boire du lait frais...

Vers 1830, Viollet-le-Duc, encore étudiant, visita un jour le ,château de Versailles en compagnie d'une vieille marquise qui avait connu la Cour en ses beaux jours d'avant 89.
La noble dame ne s'y retrouvait plus ; certes, elle reconnaissait bien les grands salons et les galeries d'apparat ; mais quand on pénétra dans les petits appartements, elle s'avoua perdue et désorientée. Ces enfilades de pièces démeublées et nettes ne lui rappelaient rien.
Enfin, l'on parvint à un endroit où un tuyau de décharge, crevé par la gelée, avait inondé le parquet d'immondices. L'infection était à faire reculer ; la vieille marquise poussa un cri dé joie :
— Ah ! je m'y revois, dit-elle ; voilà le Versailles de mon temps... C'était partout comme cela!
anecdote
accueil
Accueil
L'envers de la splendeur