Le tyran des guichets
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geôlier de la conciergerie

Dans certaines prisons, le concierge — ou le geôlier en chef — prenait l'office à bail. Il recevait une somme fixe sur laquelle il devait payer les autres gardiens, pourvoir au couchage et à la nourriture de ses « clients ». Il tenait registre des entrées et des sorties, veillait à la bonne tenue de l'établissement.
On l'accusait de faire fortune en exploitant les détenus. Guichetiers et greffiers exigeaient souvent des malheureux à leur merci le paiement de redevances, en échange de petites faveurs.
Les concierges et les gardiens jouissaient donc d'une très médiocre réputation. Une note officielle, datant du xvt• siècle, les dépeint sous un triste jour : « Les geôliers sont parfois signalés comme plus infâmes que ceux qu'ils enchaînent cruellement à de grosses chaînes. Ils sont grands ivrognes, paillards, adultères, violateurs de leurs prisonniers... »
L'ordonnance de 1670 met les geôliers en garde contre les abus de pouvoir, leur précisant leurs devoirs. Il leur est en particulier recommandé de veiller à ce que prisonniers et prisonnières ne se fréquentent pas.

En 1712, d'Argenson avertit Mme de Maintenon : « Les geôliers font payer aussi cher qu'ils peuvent toutes les commodités qu'ils fournissent aux prisonniers, et ceux qui ne sont pas en état de les leur acheter sont fort misérables. »
Dans le nombre, on trouvait naturellement d'honnêtes geôliers soucieux d'accomplir le plus humainement possible leur besogne. En principe, ils devaient être mariés : leurs femmes les aidaient dans leur tâche, en particulier dans le soin du ravitaillement et de la cuisine. Souvent ils recevaient de mauvais coups et devaient mater les révoltes. Le métier n'était certes pas de tout repos.

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Prison sous l'Acien Régime