Pistoliers et pailleux
rideau
prison du châtelet

Les conditions matérielles de la détention dépendent de bien des circonstances, de la gravité des délits, des avantages matériels que les détenus peuvent acheter à prix d'argent. On divise alors généralement les prisonniers en pistoliers et pailleux.
Les pistoliers, ainsi nommés parce qu'ils sont logés dans des « chambres à pistoles », ont droit, moyennant finance, à un vrai lit. Ils peuvent même avoir une chambre particulière, chauffée ou non chauffée.' Sous Louis XIV, le prix de ce logement individuel s'élève quotidiennement à 20 sols (ou 30 sols s'il s'agit d'une chambre avec cheminée). Le détenu peut soit faire venir des meubles lui appartenant, soit en louer au concierge.
Moins chères sont les chambres pouvant abriter deux ou trois personnes. Le prisonnier paie alors 5 sols par jour s'il a un lit pour lui seul, 3 sols s'il partage le lit avec un autre reclus

Les pailleux, en revanche, n'ont pas de lit. s couchent sur la paille, dans des pièces communes. Cette paille doit en principe être changée chaque mois, mais la règle n'est pas toujours suivie. L'humidité fait souvent son oeuvre et la paille peut devenir un vrai fumier, où grouillent les bestioles. Les villeux n'ont rien à verser pour leur coucher.
Les grands criminels ou les gens jugés dangereux ne frayent évidemment pas avec les autres. Ils sont mis au secret (parfois enchaînés) dans des « cachots blancs » ou des « cachots noirs », les seconds étant sans lumière.
La nourriture des prisonniers a naturellement varié selon les lieux et les époques, mais de toute façon les détenus devaient payer pour être nourris. Au XVIIe siècle, le roi versait généreusement pour chacun d'eux quatre sols par jour, chiffre nettement insuffisant lorsque augmenta le prix de la vie. Les familles devaient fournir le supplément — ce qu'elles ne faisaient pas toujours. Le pain fourni par le roi était généralement détestable, mal cuit, sentant l'aigre. L'eau, puisée dans la Seine, était fort insalubre.

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Prison sous l'Acien Régime