Des trafics qui rapportent gros
rideau
courtisans sous louis XIV

Le nombre des officiers superflus dans cette maison aux effectifs pléthoriques était inouï. Chacun d'entre eux tentait d'acheter pour son fils aîné la « survivance ». Il était ainsi assuré que sa charge resterait dans sa famille. Le survivancier remplaçait souvent son père à la Cour lorsque ce dernier était trop âgé.
Les princes du sang menaient grand état de maison. Telle princesse jeune accouchée avait dix-sept personnes à son service : dames pour accompagner, remueuses, berceuses, nourrices, etc. Les officiers du comte d'Artois, futur Charles X, étaient au nombre de 700, portant sa livrée verte aux parements amarante, tandis que les officiers du roi arboraient la livrée tricolore, bleu, blanc, rouge. Nos trois couleurs étaient donc celles de Louis XVI ! Le détail est à souligner.

La « gratte », plaie des grandes maisons, était à Versailles absolument prodigieuse. Tous les domestiques ou presque faisaient « danser l'anse du panier ». Certains privilèges étaient pourtant officialisés. Les femmes de chambre de la reine (Marie-Antoinette avait 500 personnes à son service) revendaient au poids les bougies à demi consumées qui avaient éclairé les appartements. Ce trafic rapportait à chacune d'entre elles 50 000 livres par an. Les valets du « serdeau », service chargé de dresser la table du roi et de la desservir, recédaient les restes des mets au marché de Versailles Les prix en étaient plus ou moins élevés, suivant le jour de vente. Si, en été, les reliefs avaient trois jours, ils étaient cédés à des prix très bas. Les serviteurs de la Cour se faisaient « regrattiers ». Il est vrai que leurs gages étaient maigres.
Dans toutes les grandes maisons, les cendres recueillies dans les cheminées étaient revendues pour être utilisées pour les lessives.

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