Mal servi et mal gardé
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repas sous Louis XIV

Malgré les consignes, chacun circulait dans le château à son bon plaisir ; les voleurs n'y manquaient pas. Un matin, on déroba à Louis XV son pot de chambre. Car le roi, en dépit de ses gentilshommes, de ses valets, de ses garçons, de ses feutiers, de ses pages, de ses tapissiers, de es « pousse-fauteuils » est mal servi et mal gardé.
L'étiquette, il est vrai, l'enserre et le régit en tout ce qu'elle a prévu. S'il veut prendre un bouillon, c'est une affaire : la tasse royale arrive des cuisines, au loin, escortée par la force armée ; elle est déposée sur la table de marbre de la salle du conseil, gardée par le premier maître d'hôtel ; le premier échanson goûte le consommé ; le premier médecin de service en fait autant ; puis l'huissier annonce : « Le bouillon du roi ! » : la porte de la chambre s'ouvre, et en cortège tous ceux qui ont les entrées suivent le précieux bol, que reçoit le premier gentilhomme assisté d'un médecin ; alors seulement, le roi peut boire...
Mais pour tout ce que n'a pas réglé le cérémonial, le maître du monde vit comme un étudiant dans sa mansarde ; il allume lui-même son feu. Versailles était glacial au point que l'eau et le vin gelaient dans les verres sur la table royale.
Louis XV avait si froid dans son lit que bien avant qu'il fit jour, il se réfugiait dans son cabinet, échafaudait les bûches et soufflait sur les braises.
— Lorsque je me lève, disait-il, avant qu'on soit entré, j'allume mon feu et je n'ai besoin d'appeler personne ; il faut laisser dormir ces pauvres gens, je les en empêche assez souvent.

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