Un monde à part avec ses privilèges
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charges et privilèges sous Louis XIV

Le fastueux François 1er avait succédé à l'économe Louis
XII. Il lui fallait de l'or monnayé pour entretenir sa cour, construire Chambord et Fontainebleau, et mener sa coûteuse politique étrangère : aussi imagina-t-il de vendre les « offices », les fonctions, au plus offrant. Sous Henri II, son fils, le mouvement s'accentua. On vit bientôt la création des offices de « jurés-goûteurs de beurre salé » et de « contrôleurs du grenier à sel ». Peu à peu à la Cour, les rois conçurent ce procédé ingénieux et lucratif : leurs officiers serviraient par quartier, c'est-à-dire par trimestre, ce qui multiplierait les ventes de charges par quatre, opération fructueuse pour le Trésor, mais à la longue pesante pour le royaume.

Les menus officiers étaient donc innombrables ; jaloux de leurs charges et de leurs privilèges — ils avaient payé très cher l'honneur d'être là — ils ne levaient pas le petit doigt pour accomplir une tâche qui n'aurait pas été dans leurs attributions. Ce qui était vrai sous Louis XIV, s'avérait encore sous le règne de Louis XV, son arrière-petit-fils. Lorsque ce dernier reçut en 1757 le « coup de canif » de Damien, il y eut dispute entre la cuisine-bouche et l'apothicairerie pour savoir qui préparerait le bouillon pour le roi blessé ; chacun rejetait sur l'autre la responsabilité de le servir... et le « Bien-Aimé » se passa de bouillon !

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Un monde d'intrigues