Admission dans la confrérie
rideau
voleur dans le Paris grand siècle

La réception d'un néophyte obéit à un véritable cérémonial. Le Maître, porteur de son sceptre, le reçoit entouré de ses cagous. Il le fait mettre à quatre pattes et s'asseoit dessus pour s'assurer que ses os sont bons. Après cette constatation il le fait lever, cracher dans un bassin et verser dans la crosle (écuelle) la somme indiquée par son parrain, en général « 3 ronds ». Le parrain est le truand choisi par le néophyte, il recueille, à ce moment, les oboles que verseront les autres affidés. Ces oboles varieront selon l'importance de chacun. Elles serviront aux réjouissances qui suivront. Le Maître rappelle alors au cagou responsable qu'il devra enseigner au néophyte l'art de « s'aquiger de l'amadou et de se faire des ulcères pour attendrir les bonnes âmes ». Le novice est invité ensuite à enfoncer un bâton en terre le plus profondément qu'il peut en disant : « j'atrime au Triglelicourt », c'est-à-dire je déroberai trois fois de mon mieux. Après quoi, il doit baiser la main de son cagou et lui promettre la foi. Enfin il embrasse la cuisse du Maître en jurant sur sa vie de ne rien dire à personne sur les secrets de la Cour. Alors le grand Coésre se lève et demande :
« Sur qui veux-tu marcher ? »
Le néophyte répond : « sur la Dure », ce qui entraîne la réplique traditionnelle du Maître :
« Non, il y a plusieurs chemins pour aller à Rome ».
Et la cérémonie se termine par le serment de Fidélité alors que le Maître se rasseoit en disant : « Lève la main gauche car c'est une erreur des Parlements de faire lever la droite puisque c'est celle avec laquelle nous sonnons la mort ».
Les pactes de sang sont plus rares. Victor Hugo nous a décrit l'un d'eux dans Notre-Dame de Paris... Deux gobelets sont apportés à demi remplis de vin. Dans chacun d'eux un truand fait couler, en incisant l'avant bras avec un poignard, le sang du novice et celui du Maître ou d'un Cagou. Puis les deux hommes trinquent et boivent d'un trait en prononçant les paroles rituelles : «Tu as en moi un frère et un allié jusqu'à la mort ». Ces pactes, conformes à l'honneur des Truands, sont en général, scrupuleusement respectés.

mariage à la cour des miracles
La Cour des Miracles est aussi une Cour de Justice chargée de punir les marpaux (espions et traîtres) et tous ceux qui y pénètrent sans autorisation. La sanction, c'est la mort par la corde. Cependant, pour ces derniers, reste la possibilité d'un enrôlement dans les troupes des francs mitous.
Le cérémonial rappelle la réception du néophyte. Le grand Maître demande au malheureux égaré dans ces lieux :
« Veux-tu t'enrôler parmi les gens de la petite Flambe, te reconnais-tu sujet du royaume d'argot, truand dans l'âme ? ».
Bien sûr la réponse est affirmative, ce qui incite le chef des truands à poursuivre : « Veux-tu prouver que tu es bon à quelque chose et fouiller le mannequin ? »
Alors les aides apportent deux poteaux que l'on dresse rapidement sur le sol. Une solive est placée en travers et l'on pend par une corde un épouvantail à grelots et clochettes. Un escabeau est avancé juste en dessous. Le postulant forcé doit se tenir sur la pointe du pied gauche et prendre une bourse qui se trouve dans la poche du mannequin sans faire le moindre bruit. S'il réussit,il a la vie sauve. Sinon il est roué de coups pendant 8 jours avant son exécution. Toutefois il échappe à la mort si une truande le réclame pour époux. « Le mariage » est fixé à quatre ans. Il se déroule selon un usage bien établi. Le Duc d'Egypte apporte une cruche que le « fiancé » doit briser à terre puis le fils du Maître impose ses mains sur les fronts en disant : « Elle est ta femme, il est ton mari... »
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La Cour des Miracles